Combien vaut une saison de Achref Ben Dhiaf ? Et comment la comparer à celle d’un titulaire du CS Sfaxien ou d’un espoir du CA Bizertin ? Depuis deux ans, nous répondons à cette question avec un outil maison, longtemps hébergé sur une adresse discrète de Football Tunisien. Il a désormais son propre nom et son propre site : Footmetrix.
Une note, pas une opinion
Le principe est simple. Chaque joueur reçoit une note de performance sur 100, calculée automatiquement à partir des données de match des sept dernières saisons. Aucun classement n’est retouché à la main, et c’est précisément ce qui fait l’intérêt de l’exercice : ni la réputation d’un joueur, ni le prestige de son club, ni ce que dit la rumeur du mercato n’entrent dans le calcul.
Trois éléments seulement le nourrissent. Le temps de jeu réellement disputé, pas les apparitions sur une feuille de match. La production, buts et passes décisives ramenés à quatre-vingt-dix minutes, pour qu’un joueur décisif en peu de temps ne soit pas noyé dans les totaux bruts. Et l’impact collectif, c’est-à-dire la différence de buts marqués et encaissés par l’équipe quand le joueur est sur le terrain, interprétée selon son poste.
Les minutes disputées en Ligue des champions africaine et en sélection nationale comptent un peu plus que celles de championnat, le niveau d’opposition y étant supérieur.
Ce que dit le classement tunisien
En tête de la Ligue Professionnelle 1 cette saison, on trouve Achref Ben Dhiaf, ailier gauche de l’Étoile Sportive du Sahel, à 93 sur 100. Derrière lui, Mohamed Trabelsi, milieu central du CS Sfaxien, à 90 — et il n’a que vingt-deux ans. Suivent Hani Amamou, défenseur central du CA Bizertin, et Hamdi Labidi, attaquant de l’Espérance Sportive de Zarzis, tous deux à 85.
Un détail mérite explication : personne n’atteint 100. La note est relative à un championnat et à une saison, et le meilleur joueur d’une ligue plafonne à 93. Ce plafond est délibéré : dans un modèle qui mesure une position relative, une note parfaite n’aurait aucun sens.
Conséquence importante, et souvent mal comprise : une note ne se compare pas d’un championnat à l’autre. Les 93 de Ben Dhiaf en Ligue Professionnelle 1 et les 93 d’Ousmane Dembélé en Ligue 1 française ne disent pas que les deux joueurs sont équivalents. Chacun domine son championnat, et c’est tout ce que l’outil prétend mesurer.
Sept championnats, et les espoirs
Au-delà de la Tunisie, Footmetrix couvre l’Algérie, la France, l’Angleterre, l’Espagne, l’Italie et l’Allemagne. Chaque ligue a son classement général, ses buteurs et passeurs, sa cote des clubs qui note la performance moyenne d’un effectif, et une recherche avancée pour filtrer par âge, poste ou club.
Une case à cocher permet de restreindre n’importe quel classement aux moins de vingt-trois ans. C’est probablement la fonction la plus intéressante pour qui suit le championnat tunisien de près : elle fait remonter des joueurs dont personne ne parle encore, et dont les chiffres méritent qu’on s’y arrête.
Chaque fiche joueur permet aussi de remonter saison par saison, avec le club de l’époque, les minutes jouées et la note obtenue. Une courbe d’évolution montre la trajectoire complète.
Les limites, dites franchement
Footmetrix mesure ce que les données de match démontrent, rien de plus. Le potentiel perçu, la personnalité, la situation contractuelle, l’état de forme du moment lui échappent complètement. Les gardiens ne sont pas encore couverts : nos critères, bâtis sur la production offensive et l’impact collectif, ne mesurent pas équitablement leur rôle.
C’est une limite, et c’est aussi ce qui rend l’outil impartial. Aucun club, aucun agent, aucune préférence personnelle n’influence un classement.
La méthodologie complète est publiée sur le site. Et si vous repérez une donnée qui vous semble fausse — un transfert non répercuté, une nationalité, une statistique — signalez-la : chaque correction améliore l’outil pour tout le monde.