Manchester City et ses comptes : qui détient le pouvoir dans le football anglais ?
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Le 25 septembre 2026, la presse britannique a rapporté qu’une commission indépendante avait retenu 114 des 115 griefs financiers visant Manchester City. Au 29 septembre, la Premier League n’a publié ni les motifs de cette décision rapportée ni une sanction. Le club conteste les accusations ; son président, Khaldoon Al Mubarak, affirme que la procédure est loin d’être terminée. Annoncer déjà une relégation ou le retrait de titres reviendrait à sauter plusieurs étapes.
La question porte sur l’origine des revenus déclarés, la rémunération des joueurs et la capacité de la ligue à faire respecter ses règles. Dans les discussions de supporters, l’attente d’une décision publique nourrit deux craintes : le pouvoir des propriétaires fortunés et la protection des clubs déjà installés.
Neuf saisons de comptes sous la loupe
Le communiqué de la Premier League du 6 février 2023 vise les exercices 2009-10 à 2017-18 pour la présentation des informations financières. Il distingue plusieurs familles de griefs :
- les revenus, notamment ceux du sponsoring, les parties liées et les coûts d’exploitation ;
- les détails de la rémunération de l’entraîneur et des joueurs ;
- la conformité à certaines règles de l’UEFA et aux règles de rentabilité de la ligue ;
- la coopération avec l’enquête, sur une période allant de décembre 2018 à la saison 2022-23.
Il ne s’agit pas de 115 transferts suspects. Le total agrège des obligations répétées d’une saison à l’autre. Un défaut de coopération allégué ne prouve pas, à lui seul, qu’un paiement a été dissimulé.
Le prix d’un sponsoring est aussi une question de pouvoir
Depuis le rachat de City par le groupe de Sheikh Mansour en 2008, les revenus commerciaux alimentent le débat. Si un sponsor est lié au propriétaire, qui établit la juste valeur du contrat ? La Premier League a introduit en 2021 des règles sur les transactions avec des parties associées, puis les a modifiées.
En septembre 2025, City et la ligue ont clos un arbitrage distinct sur ce dispositif ; le club a accepté la validité des règles actuelles. Cet accord ne règle pas les accusations formulées en 2023. Pour examiner les anciens comptes, la commission doit se référer aux obligations applicables aux saisons visées, et non projeter sur elles les règles introduites plus tard.
114 sur 115 : une fuite ne vaut pas publication du jugement
L’audience s’est déroulée du 16 septembre au 6 décembre 2024, à huis clos. Reuters a d’abord relayé les informations selon lesquelles 114 griefs auraient été retenus, puis indiqué qu’une source informée confirmait ce résultat. Le texte motivé n’est toujours pas public : impossible, à ce stade, de vérifier quel grief aurait été écarté et comment chaque ensemble de preuves a été apprécié.
Le règlement prévoit la publication de la décision de la commission à l’issue de la procédure. City nie toute irrégularité, souligne que celle-ci continue et pourrait faire appel. Une amende ou une déduction de points figurent parmi les sanctions possibles ; aucune ne découle mécaniquement du chiffre 114.
Pour les cotes, la procédure n’est pas un score
Une blessure ou une suspension confirmée entre directement dans l’analyse d’un match. Les informations financières du club peuvent peser sur les anticipations à l’échelle d’une saison, sans modifier le classement tant qu’aucune sanction n’est prononcée. Dans les paris sur le football (arabic : مراهنات كرة القدم), il faut donc distinguer les données du prochain match des hypothèses sur la course au titre. Attribuer à une information non publiée un retrait précis de points reviendrait à inventer une donnée.
Pour un pari sur le champion, une déduction de points aurait un effet différent d’une amende. Avant une rencontre, la composition et les absences restent des éléments plus directement mesurables. Une cote qui évolue reflète une nouvelle estimation du marché, pas une décision sportive officielle.
Dans les tribunes, la confiance ne suit pas les couleurs du maillot
Sur r/soccer, des lecteurs réclament une sanction proportionnée après des années d’attente. Sur r/MCFC, certains s’inquiètent pour les joueurs ; d’autres réaffirment leur fidélité au club ou demandent à lire le jugement écrit. Ces fils ne représentent pas tous les supporters. Ils montrent la place que prennent les hypothèses quand les motifs d’une décision restent confidentiels.
Un contributeur de r/MCFC estime que les limites financières protègent les clubs historiquement dominants. Dans les discussions plus larges, d’autres insistent sur l’application des mêmes règles aux propriétaires les plus riches. La portée de ces arguments pourra être jugée à partir des motifs publiés et du traitement réservé à des cas comparables.
En 2026-27, le contrôle change de formule
La Premier League a remplacé ses anciennes règles de rentabilité, les PSR, par un ratio des coûts de l’effectif à partir de la saison 2026-27. Son seuil de référence est de 85 % des revenus liés au football, après prise en compte des profits ou pertes sur les ventes de joueurs ; les règles prévoient une marge de dépassement encadrée. Les salaires des joueurs et de l’entraîneur, les commissions des agents et l’amortissement des transferts entrent dans le calcul. La ligue prévoit désormais des contrôles pendant la saison.
Ce nouveau régime laisse expressément ouverte la poursuite des infractions alléguées sous les anciennes règles. Pour comprendre la suite du dossier City, il faudra lire le jugement motivé, la décision sur la sanction et, en cas de recours, les motifs de la décision d’appel.